Synthèse : en partenariat avec Têtu, le Comité IDAHO publie L'Idahomètre 2012, bilan du gouvernement Sarkozy depuis un an, en matière de lutte contre l'homophobie et la transphobie.
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En 2011, en partenariat avec Têtu, le Comité IDAHO avait publié l'Idahomètre du gouvernement, baromètre destiné à mesurer la contribution du gouvernement à la lutte contre l'homophobie et la transphobie. Cette année, le Comité IDAHO et Têtu renouvellent l'opération, pour mieux éclairer le débat public, à la veille de la présidentielle.
Les résultats de cette évaluation sont éloquents : sur les 16 ministères testés en 2011, 4 étaient dans le rouge, compte tenu de leur implication très faible ou nulle dans le domaine. Cette année, ils sont 11 ministères à être dans le rouge. En 2011, deux ministères étaient dans le vert, compte tenu de leur implication forte, ou très forte dans ce champ. Cette année, il n'y en a plus, tous ont été rétrogradés, compte tenu de leur implication en berne.
Au total, sur les 16 ministères évalués en 2012, 9 sont en baisse par rapport à l'an dernier, et voient leur note rétrogradée. Aucun n'a amélioré son score. Et les autres conservent leur niveau, le plus souvent parce qu'ils étaient déjà dans la catégorie la plus médiocre, et ne pouvaient donc pas tomber plus bas.
Quelques exemples emblématiques de ces régressions au sein du gouvernement : 1/ Après l'énergique Rama Yade, puis Chantal Jouanno, un peu moins active dans ce domaine, la nomination de David Douillet au ministère des sports, ceinture noire de l'homophobie et du sexisme. 2/ Les atermoiements du quai d'Orsay, qui s'était engagé à porter une résolution aux Nations Unies en faveur de la dépénalisation universelle ; il tombe dans la catégorie moyenne, même s'il demeure premier au classement général (au royaume des aveugles, les borgnes sont rois). 3/ Autre chute brutale, le ministère de l'enseignement supérieur, qui avait fait des promesses significatives, et qui veut faire avancer les études LGBT, pourvu que ce soit sans les chercheurs LGBT.
Comment expliquer ce bilan calamiteux ? Deux hypothèses au moins peuvent être avancées. La première, c'est la stratégie de droitisation du président de la république, qui a sans doute conduit les ministères à laisser de côté les thématiques LGBT (lesbiennes, gaies, bi et trans), jugées peu en phase avec l'orientation du moment. Par ailleurs, autre explication, il semble qu'un climat de défaitisme règne depuis plusieurs mois dans les ministères. Dès lors, à quoi bon faire des efforts, si tout est perdu ? C'est clairement l'opinion, à peine dissimulée, de certains conseillers. Cette ambiance de fin de règne a conduit certains cabinets au renoncement et à l'immobilisme, peu faits pour favoriser la victoire.
Il faut reconnaître que, au sein du gouvernement Sarkozy, il y a eu quelques avancées significatives : la déclaration portée par Rama Yade en 2008 aux Nations Unies, la déclassification du « transsexualisme » de la liste des maladies mentales en 2009 avec Roselyne Bachelot, les efforts diplomatiques pour que l'UNESCO travaille sur les questions LGBT, par exemple. Le Comité IDAHO, qui a fortement contribué à ces avancées, ne peut que les reconnaître. Cependant, force est de constater que depuis un an, c'est l'inertie qui l'a emporté, comme en témoignent, de manière emblématique, les propos honteux du Premier Ministre qui, pour s'opposer aux familles homoparentales, a parlé de la nécessité de « sécuriser » les enfants. L'homosexualité est-elle donc un danger aux yeux du Premier Ministre ?
Le bilan 2011 du gouvernement est donc tout à fait en recul, et le programme de Nicolas Sarkozy ne semble pas plus prometteur. Le Comité IDAHO ne peut que constater l'échec du gouvernement Fillon dans ce domaine, et invite la droite française à un rigoureux examen de conscience dans les prochains mois, quels que soient d'ailleurs les résultats des élections.