Après trois semaines de grève de la faim, Louis-Georges Tin, fondateur de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, a décidé de mettre un terme à la grève de la faim qu'il avait lancée le 25 juin dernier. Usaam Mukwaya et Alexandre Marcel, qui l'accompagnaient dans sa démarche, ont fait de même. Les trois hommes agissaient de la sorte pour protester contre les reculades du gouvernement : François Hollande s'était engagé à porter dès cette année une résolution à l'ONU pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité ; le Quai d'Orsay s'y refuse.
Au cours de la soirée du 13 juillet, Louis-Georges Tin a fait un malaise, et a été admis aux urgences de l'hopital Saint-Antoine. Les médecins ont constaté un taux de glycémine anormalement bas (0,5, quand le minimum nécessaire est autour de 0,8). Le patient était également déshydraté. Il a été mis sous perfusion pendant plusieurs heures, et a pu rentrer chez lui vers 4h du matin. Les médecins ont vivement insisté pour que M. Tin mette un terme à cette grève de la faim, qui commençait à devenir très inquiétante pour sa santé, et notamment pour ses reins.
« C'est une défaite, a indiqué M. Tin, non pas tellement pour nous, qui allons plutôt bien, somme toute, mais pour les homosexuel.les en prison, qui sont prié.es d'attendre encore un peu, et risquent en effet d'attendre encore longtemps. Je crois qu'on n'a pas le même sentiment d'urgence quand on est en prison, à Doula ou à Kampala, ou quand on est confortablement installé dans son fauteuil, à Paris ou à Bruxelles... En même temps, nous avons le sentiment du devoir accompli : nous avons fait tout ce que nous pouvions humainement faire pour alerter les esprits. Il y en qui s'en lavent les mains, nous n'y pouvons rien. »